AAARGH
***********
|
BANLIEUES
trimestrielle La Gazette va devenir annuelle. Prochaine parution: début 2008 |
|
Numéro 60 -- été 2007 |
AMÉRIQUE: LA TÊTE DANS LE SAC
SARKO TOUTOU
LE PAKISTAN ATTEND LA DÉFLAGRATION
LA HAMAS SAUVE LA PALESTINE
ISRAEL GAGNÉ PAR LA GANGRÈNE
L'HOLOCAUSTE: UN TAS EN DÉCONFITURE
L'AVENIR EST RADIEUX
LA LIBERTÉ EST AU BOUT DU TUNNEL
2 UN COUP D'ÉPÉE DANS L'EAU par Serge Thion
«Urgence Darfour» Erreur complète
Antisémitisme et négationnisme sont-ils solubles dans le soutien à la cause palestinienne? Gérard Eizenberg
Carter Book Stirs Furor With Its View of Israelis' 'Apartheid' By Julie Bosman
Carter and Swarm by Israel Shamir
Going for the nuclear option By Avner Cohen
Les guerres d’Israël Joseph Algazy
juin 1967: Le Plan secret de l'URSS pour attaquer Israël David Kurtz
SOUTIEN A LA RESISTANCE DU PEUPLE PALESTINIEN
Tuez des Arabes, criez à l’antisémitisme! Norman Finkelstein
A Shared History, a Different Conclusion Scott Wilson
Il faut le dire: ce n’est pas ça, le Fatah par Israël Shamir
«Frères d’armes»: Le pacte secret d’Israël avec l’Afrique du Sud de l’apartheid Chris McGreal
Les ventes d’armes de l’équipe Chirac au régime de l’Apartheid
Out of sight maybe, but not out of mind By Zafrir Rinat
2 - L'horizon iranien
Zbigniew Brzezinski lance une bombe politique Par Barry Grey
«Rayé de la carte»: la rumeur du siècle - ce qu'a vraiment dit Mahmoud Ahmedinejad par Arash Norouzi, janvier 2007
JACQUES VERGÈS: «la condamnation à mort de Saddam Hussein n'était pas légale»
Le coût des guerres en Irak et en Afghanistan équivaut à 1 % du PIB américain Eric Leser
Bagdad brûle, Calgary prospère Naomi Klein
Point de vue de Frank Furet: Meurtres étranges (avec des suspicions sur le Mossad..)
Les Irakiens voient des juifs partout
Irak: 200 membres d'une secte messianique tués et 250 arrêtés près de Najaf
The eternal struggle between the good guys and the bad guys William Blum
Sodomy Returns to Afghanistan Timothy Bancroft-Hinchey
5 - Le pays des faux-juifs
Abe says World War II leaders tried by allies cannot be considered war criminals
L'AFFAIRE DU FACHO JUIF MEURTRIER INTENTIONNEL
1. Mémoire et Conclusion Ginette Hess Skandrani
2. Nuisibles Maria Poumier
3. L'AFFAIRE SCHOEMANN EN APPEL par Gilles Munier
«Il n'y a pas seulement des musulmans chiites au Hezbollah» Entretien avec Mme Zeinab Al-Saffar réalisé par Irmgard Wurdack
Hoenlein: Delegitimization of Israel rising among US elite by Haviv Rettig
CONGRÈS JUIF MONDIAL: 3,8 millions de dollars dépensés sans justificatifs Ian Hamel
Assez de récriminations, place aux réparations
LE SIONISME, C'EST PAS BEAU = CINQ MOIS DE TAULE!!! (Kemi Seba)
Lettre ouverte au peuple iranien et au président Ahmadinejad José Petrosino et Oscar Abudara Bini
Lettre ouverte au Président de la République ritalienne Mauro Manno
LA BAVE DU CRAPAUD, LA VOILÀ!!
La gazette des gazettes, Fabien Granjon
Vidéos, Terroristes, coopérants, Olof Palme, William Blum, Akribéia, Tomislav Sunic, Nicolino et Veillerette, le sublime Ramonet, génocide en Serbie, l'ignoble Stora, Georges Corm.
L'Iraq vu par les Américains
Point n'est besoin d'attendre le rapport du brav'général Petraeus. L'envoi des renforts, au début de 2007, n'a eu aucun effet sensible. La "sécurité" s'est plutôt dégradée. Aucun des objectifs de la politique américaine ne s'est rapproché. Il aura même fallu entrer, à reculons, dans une négociation avec les Iraniens. Impasse et stagnation. Dubya Bush approche de sa dernière année à la Maison Blanche avec un bilan que l'opinion américaine comprend tous les jours davantage comme désastreux.
Les néocons sont peu à peu éjectés de l'orbite présidentielle. Des rêves de constitution d'une force d'intervention rapide et efficace, à la Rumsfeld, une police mondiale, il ne reste rien: ils se sont fracassés sur l'immense bureaucratie militaire américaine, toujours incapable de mettre plus d'un homme sur dix au combat, et toujours prompte à se réfugier vers les moyens techniques du bombardement à distance plutôt que d’affronter le combat d'homme à homme, réservé en général aux Marines, à condition que cela ne dure pas plus de quelques semaines. Le moral des troupes est toujours fragile et quelques pertes les mettent tout de suite sur le flanc. On trouve facilement aux États-Unis des cow-boys qui dégainent vite, des tueurs psychopathes, des brutes policières, mais des soldats disciplinés qui tiennent au feu, cela ne se trouve pas. Le recours désormais massif aux mercenaires qui remplissent les tâches autrefois dévolues aux militaires, ne change rien à l'affaire. Ils ne sont engagés, pour le moment, que dans des tâches subalternes. Et il n'y a pas de raisons de penser que des armées entièrement privées seraient plus valeureuses que des armées fondées sur le patriotisme. On ne peut pas reproduire partout le modèle des Gurkhas. Le prolo d'origine latino, qui remplace le Noir comme piétaille, ne combat que pour sa carte verte. Le reste l'indiffère.
Le but politique s'est entièrement dérobé: mettre en place un gouvernement "ami" des États-Unis s'est révélé une tâche impossible. Les seuls "amis" des États-Unis, dans la région, sont les Kurdes, prostitués traditionnels, qui ont toujours préféré se vendre aux uns pour lutter contre les autres, et réciproquement. Cette "amitié" des Kurdes est devenu singulièrement embarrassante puiqu'elle suscite les raisons d'une intervention turque. Le gouvernement de Baghdad ne dépasse pas la zone verte et il est assis sur le baril de poudre de ses propres contradictions. Il ne peut pas surnager tout seul. Il n'est qu'une fiction en perpétuel ballottage.
Le grand problème, et maintenant le seul véritable, c'est le retrait, une opération très compliquée puisqu'elle doit camoufler sa propre réalité. Ho Chi Minh disait qu'il fallait dérouler le tapis rouge devant l'ennemi contraint à l'évacuation. La difficulté viendra du fait qu'il n'existe pas d'entité irakienne susceptible de garantir la sécurité du retrait et la fiction du rôle achevé: laisser derrière soi un gouvernement "ami". Le parallèle avec le Viêt-Nam montre bien où le bât blesse.
L'Iraq vu par les Irakiens
La situation créée par la destruction du mausolée des Imams de la mosquée de Samarra, le 22 février 2006, évolue très vite. A l'époque, la ville était quadrillée par les Américains et l'attentat a été préparé pendant le couvre-feu. Un témoin a entendu les perpétrateurs parler anglais. Ceux qui ont allumé le détonateur de la guerre confessionnelle étaient soit les Américains, soit les Israéliens. Je connais bien l'endroit. J'ai parlé avec toutes sortes de gens, y compris les gardiens du mausolée. Aucun Irakien n'aurait jamais songé à commettre un tel acte. L'ignominie poussée à ce point ne pouvait germer que dans des esprits machiavéliques, décidés à couler l'Iraq, faute de pouvoir s'en emparer.
Un jour cette affaire sera éclaircie. La presse nous vend ces jours-ci l'idée que l'auteur de l'attentat aurait été un Irakien d'Al Qaida et qu'il vient de se faire tuer. A d'autres!
Mais le but recherché a été atteint. Les attaques de groupes sectaires se sont multipliés et les représailles n'ont pas manqué d'ensanglanter les mosquées et les marchés. Des quartiers mixtes se sont vidés, les gens se sont regroupés par appartenance.
Il faut rappeler avec force qu'il n'y a pas deux sociétés distinctes où se répartiraient sunnites et shi'i'tes. Il y a certes deux attitudes religieuses, morales, esthétiques, deux sensibilités mais elles se répartissent dans toute la société irakienne. Beaucoup de familles, de clans, ont des branches sunnites et shi'i'tes. Les familles mixtes sont légion. L'histoire idéologique n'a pas effacé les conflits, la grande fitna (discorde), ([1]) certes. mais ces gens vivent ensemble depuis treize ou quatorze siècles. Il a fallu des tombereaux de sang et des attentats ressentis au plus intime pour créer de toute pièces le conflit actuel. On reconnaît là le maître-plan de la politique israélienne (diviser le Moyen-Orient en petites entités confessionnelles incités à se faire la guerre perpétuelle, (cf le Liban 1975-89) et la débilité intellectuelle proprement américaine (les communautés en lutte permanente).
On a assisté ensuite à un embrasement général. Les soi-disant communautés ont explosé. Des groupes guerriers se sont constitués sur des bases floues, religieuses mais aussi claniques, pour assurer l'auto-défense locale mais aussi la menace des voisins. Du coup, des groupes de bandits se sont multipliés, sous couvert d'appartenance religieuse, alimentés par les rapts et les rançons et les meurtres sauvages. L'anarchie gagne. Des millions d'Irakiens choisissent l'exil. La résistance, ou le vague conglomérat qu'il faut ranger sous ce nom, a perdu du terrain. Elle continue à s'attaquer aux troupes étrangères d'occupation, mais elle ne domine pas la scène irakienne et peut-être tentée d'entrer en lutte contre les islamistes takfiristes, qui agitent le drapeau vide d'Al Qaida, dans un jeu à plusieurs composantes. Les Américains se frottent les mains. Ils ne sont peut-être plus la cible principale. Les djihadistes étrangers, accourus de partout, sont manipulés comme de pauvres marionnettes. Le chaos s'accroît et plus aucune force politique n'est crédible. Les Iraniens mettent leurs pions partout et attisent le feu tout en luttant contre les infiltrations dirigées par les Occidentaux alliés aux sionistes.
A l'heure actuelle, plus personne n'a la clé de la négociation qui pourrait permettre le départ des Américains; ils en profitent donc pour créer dans le désert d'énormes bases, auto-suffisantes, qu'ils voudraient permanentes, et pratiquement extra-territoriales. On a devant nous dix à vingt ans de chaos sanglant, avant que l'épuisement progressif des différents concurrents n'amène la paix des "grands cimetières sous la lune". C'est le titre d'un livre scandaleux de Bernanos qui dénonçait l'absurdité d'une guerre civile alimentée par la religion. Nihil novi sub sole.
Nous y sommes: l'Iraq est la Guerre d'Espagne de l'époque qui s'est ouverte le 9 septembre 2001. Le 20 septembre, nous remettions en route la Gazette. Six ans et soixante numéros plus tard, nous pouvons nous targuer d'avoir tiré juste, sur les bonnes cibles. Nous continuerons sur un rythme différent: de gros numéros, mais une ou deux fois par an. La Gazette est sur le ligne de front; nous voulons aussi contribuer aux bombardements stratégiques. Nous avons aussi nos B-52, nos Guam et notre Qatar. Ils n'aimeront pas ce qu'ils vont prendre sur la gueule.
16 août 2007.
A l'appel des gens du Camps anti-impérialiste, coordonnés par Willi Langthaler et Leonardo Mazzei, il s'est tenu une conférence intitulée "Avec la Résistance Pour une paix juste au Moyen-Orient", les 24 et 25 mars 2007, à Chianciano Terme, petite station thermale qui se trouve à une heure de Rome. Des représentants des mouvements de résistance venus d'Iraq, du Liban, des Philippines, d'Afghanistan, de Palestine, etc. étaient annoncés. Ce projet de conférence avait été mis en échec par le gouvernement Berlusconi, qui avait refusé en bloc les visas aux différents intervenants. Cette année, le gouvernement Prodi a laissé faire. Il s'agissait donc de la première rencontre internationale en Europe à laquelle pouvaient participer des représentants dûment accrédités de ces mouvements de résistance, généralement qualifiés de "terroristes" par la presse servile qui bat les tambours de l'invasion américaine dans cette région du monde. En principe, cela aurait dû être un événement politique considérable.
Le flop en a été d'autant plus net. La presse italienne qui avait violemment critiqué le Campo pour cette initiative qualifiée de subversive, à l'heure où les contingents militaires italiens, ayant quitté l'Iraq, se débattent en Afghanistan, et au Liban (dans le cadre de la Finul), a fait un grand silence sur la tenue et les résultats de la conférence elle-même. Une délégation de la Gazette du Golfe et des banlieues a pu observer sur place les débats. Voici son sentiment:
Le titre était trompeur: il s'agissait non pas des résistances, mouvements populaires engagés dans des luttes armées de libération nationale, mais de groupuscules communistes dont l'existence fantomatique est elle-même douteuse. Ainsi l'Afghanistan était représenté par les "Radicaux de gauche" et non par le moindre taliban. Que représentent les "radicaux de gauche" à Kaboul? Sans doute trois personnes dans un bistrot. Les Irakiens étaient, pour la plupart, membre d'une "Alliance patriotique" qui n'a jamais fait parler d'elle, sinon par l'intermédiaire du Campo. On pourrait analyser la liste des intervenants et celle des "soutiens" à la conférence. Il en ressort qu'on a affaire à des fantômes issus de l'éclatement et de la disparition des partis communistes, certains autrefois fort importants, qui ne représentent que des drapeaux fanés. On avait affaire à une image virtuelle de ce qu'ont été les composantes du mouvement communiste international vers les années 50, ou, remontant plus loin, pour ceux qui ont de bonnes lectures, le Congrès des Peuples d'Orient, qui s'est tenu à Bakou en 1920. On percevait la lancinante nostalgie des organisateurs et leur refus de voir que ce mouvement, plutôt que de préfigurer l'avenir, s'enfonce dans les ombres du passé.
On aurait supporté le ressassement de théories politique disparues du terrain depuis trente ans si elles ne s'étaient accompagnées, chez les Irakiens, de virulentes attaques contre l'Iran. Voilà des gens, qui passent sans doute leur vie dans les cafés de Damas ou d'Amman, fragments d'une direction communiste en exil depuis presque un demi-siècle, qui viennent en Italie pour exploser de haine contre leur voisin. Ces gens n'ont pas eu une seule parole pour exposer de supposées activités de résistance et il est apparu clairement qu'ils étaient, à cet égard, des imposteurs purs et simples. Leurs accès de chauvinisme ont d'ailleurs provoqué des remous dans l'assistance et les organisateurs ont eu du mal à colmater les brèches. Si, d'un côté, personne n'était là pour chanter les louanges du régime iranien, ou celles d'un État quelconque, personne non plus ne souhaitait reprendre l'antienne américaine d'une "agression" iranienne en Iraq. Si on ne comprend pas que la politique iranienne est d'abord déterminée par le souci d'empêcher que l'Iraq serve à nouveau de base à une offensive contre la République islamique, on se condamne à l'aveuglement. La critique est une chose, le déferlement du chauvinisme en est une autre, qui explique que Téhéran cherche à prendre des gages.
Il y avait quelque chose de suranné dans ce que nous avons entendu. Les mouvements maoïstes (Inde, Népal, Shri Lanka, Pérou) n'étaient pas là. Les autres, vaguement staliniens ou trotskisants, n'étaient pas en prise sur les événements. En ce qui concerne le Moyen-Orient, il est clair depuis 15-20 ans, que la résistance est animée par les islamistes, que ce fait plaise ou non. Les communistes, crypto-communistes, "progressistes" de tous poils ont disparu de l'environnement politique du Moyen-Orient, principalement à cause de la disparition de l'URSS. Ceux qui, dans le monde, sont engagés dans le combat anti-impérialiste doivent pratiquer une solidarité étroite et indéfectible avec les islamistes qui se battent sur le terrain. Tout le reste est baratin, fumée, illusion, irréalisme et auto-satisfaction. Le seul représentant qui pouvait parler au nom du Hezbollah s'est vu refuser la parole au prétexte qu'il ne fallait pas relancer la polémique avec les chauvins irakiens. Ce fut une grave erreur politique qui a annulé complètement l'objectif de la conférence. On avait l'impression d'être dans un musée où l'on entendait les paroles gelées, conservées dans la glace, qui avaient été déjà prononcées au temps de la guerre du Viêt-Nam, souvent évoquée par ailleurs. A l'époque, ce communisme bureaucratique chevauchait le tigre nationaliste. Les jeunes Viêtnamiens acceptaient de mourir pour la libération de leur pays. Par la suite, le communisme s'est évaporé et n'est plus resté que comme principe d'une confiscation du pouvoir au profit d'une bureaucratie corrompue. Les Viêtnamiens réels étaient absents. Seules les références flottaient dans l'air humide.
Les organisateurs de la conférence de Chianciano doivent tirer les leçons de l'histoire récente et écarter l'espoir de la reconstruction d'un mouvement communiste international mythique. Leur bonne volonté, leur travail inlassable, leurs personnalités attachantes n'y pourront rien. Ceux qui ne comprennent pas l'histoire qui se déroule sous nos pieds sont impitoyablement marginalisés. Une vraie rencontre des mouvements de résistance (réelle) reste à imaginer. Elle est sûrement possible. La seule condition est de regarder la réalité en face.
30 mars 2007
«Urgence Darfour», «Save Darfour»: c’est le slogan d'une campagne internationale qui bat son plein depuis quelques mois à travers le monde occidental. Pendant le week-end des 16-17 septembre [2006], des rassemblements ont eu lieu à New York et à Paris, avec une faible participation, pour exiger une «intervention des Casques bleus pour mettre fin au génocide».
Une précédente mobilisation avait rassemblé 5 à 7000 personnes à Washington le 30 avril [2006]. Les médias yankees avaient accordé une couverture plus importante à cette manifestation qu'à celle de 300.000 personnes la veille à New York contre la guerre d'Iraq ou encore aux millions de manifestants qui avaient défilé le 1er mai [2006] dans tous les USA pour protester contre les projets de loi répressifs contre l'immigration.
C'est que la campagne pour le Darfour bénéficie de la figure populaire de l'acteur George Clooney, qui en est le porte-parole. Le célèbre médecin de la série «Urgences» a été convaincu par son père Nick, journaliste de télévision et démocrate du Kentucky de se lancer dans cette nouvelle bataille douteuse.
Le 14 septembre 2006, George Clooney était donc la guest star du Conseil de sécurité des Nations Unies, aux côtés de la pleureuse professionnelle Elie Wiesel. Ils avaient été invités par John Bolton, l'ambassadeur US à l'ONU, pour plaider la cause, la cause. Mais au fait, la cause de qui et de quoi?
Une guerre civile bat son plein au Darfour depuis 3 ans. Elle met aux prises des Soudanais de diverses factions et tribus, mais qui ont tous en commun d'être Noirs, musulmans et [quelques fois] arabophones. Il n'y a pas ici de chrétiens comme au Sud-Soudan, où une guerre civile a duré 25 ans. Un des enjeux fondamentaux de cette guerre civile est le contrôle des points d'eau, vital dans une région frappée par la sécheresse depuis deux décennies.
Récemment, un accord de paix a été signé entre le gouvernement de Khartoum et les groupes «rebelles», qui sont soutenus notamment par la régime du Tchad voisin. 7000 hommes de troupes de l'Union africaine sont censés faire respecter ce cessez-le-feu, avec l'aide logistique de l'OTAN Mais ces troupes doivent quitter le pays le 1er octobre.
Le Conseil de sécurité a voté le 1er septembre une résolution stipulant l'envoi de 20.000 casques bleus au Soudan, mais le gouvernement de Khartoum a opposé un refus clair et net d'accepter ces troupes, disant qu'il les considèrerait comme des troupes d'invasion et les traiterait de la même manière que la résistance libanaise a traité les troupes israéliennes.
Du coup, Washington a mis en branle la machine à faire pleurer les chaumières, pour préparer le terrain à un coup de force militaire contre le Soudan; Son objectif est clair: renverser le régime de Khartoum. Objectif partagé depuis longtemps par les Démocrates et les Républicains.
Rappelons-nous en 1998 le bombardement , sur ordre de Bill Clinton, de l'usine de médicaments qui assurait 80% des besoins en médicaments du Soudan, présentée par Washington comme une usine de «gaz toxiques». Et c'est cette position qui motive le refus de Khartoum de laisser pénétrer les Casques bleus sur son territoire.
Le Darfour est la région occidentale du Soudan. Il a la taille de la France, avec une population de 6 millions d'habitants. Des ressources récemment découvertes ont suscité un intérêt très grand pour le Soudan parmi les compagnies yankees. On croit qu'il possède des réserves en pétrole rivalisant avec celles de l'Arabie saoudite. Il possède également de vastes poches de gaz naturel et son sous-sol abrite en outre l'un des trois gisements les plus importants au monde d'uranium de haute pureté, sans oublier qu'on y trouve aussi le quatrième gisement le plus important de cuivre.
Qui est à l'initiative de la campagne internationale «pour le Darfour»?
Comme par hasard, les grandes organisations sionistes juives et évangéliques (protestantes) US, relayées en France par la LICRA, SOS-Racisme et une nébuleuse de groupuscules juifs, noirs, laïcs et «humanitaires». L'objectif de cette campagne est donc double:
1° - Détourner l'attention de la situation en Iraq, en Palestine et au Liban
2° - Faire pression pour une «ingérence humanitaire» au Soudan.La campagne «urgence Darfour» n'est qu'une manière de préparer une nouvelle guerre d'agression contre un pays dont le gouvernement a commis le crime impardonnable de ne pas se plier aux ordres de l'Empire. George Clooney, qu'on croyait intelligent, n'a pas l'air d'avoir compris quels intérêts se cachent derrière cette campagne. Ou alors, il en est parfaitement conscient, ce qui est encore plus grave.
11 septembre 2006
Envoyé par Ayman El Kayman dans Coups de dent - Le blog de Ayman El Kayman le 9/18/2006 07:00:00 AM
Erreur complète
L'excellent Kayman ne mentionne pas l'origine de cette campagne mondiale, dont les relais sont partout sionistes. Le Soudan, doté d'un régime militaire plus ou moins "islamiste" n'est pas entièrement sous le contrôle de l'entité sioniste, comme l'Égypte ou l'Éthiopie. La stratégie sioniste a toujours cherché à faire de la Mer Rouge un "lac sioniste". C'est la voie de l'approvisionnement pétrolier qui se fait sous drapeau américain. Au temps du Négus, les Israéliens disposaient de bases secrètes dans les îles Dahlak. Le Mossad disposait de toutes les facilités dans le Soudan du général Nimeiry, par exemple pour l'évacuation des faux-juifs connus sous le nom de Falashas. L'état sioniste cherche donc à susciter à tout prix une intervention militaire des Occidentaux au Soudan en agitant l'invention d'un prétendu "génocide" au Darfour. Sarközy et Koüchner frétillent à l'idée d'une telle intervention, qui entraînera à coup sûr une résistance armée et une guerre civile...
Récemment, on a vu paraître un article d'un bon analyste des affaires pétrolières, F. William Engdahl, intitulé Darfur? It's the Oil, Stupid... daté du 20 mai 2007. Je ne le reproduis pas ici mais il est trouvable à l'adresse:
http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/Geopolitics___Eurasia/Oil_in_Africa/oil_in_africa.html Peu de temps après, il a été traduit en français par un cousin homozygote d'Ayman el Kayman, connu sous le nom de Fausto Giudice. On le trouve sur le site (à peine prononçable) des traducteurs réunis, Tlaxcala. Tout repose sur l'idée qu'il y a des réserves de pétroles importantes au Darfour, province du Soudan, rappelons-le, et que tout ce qui se passe là (génocide/pas génocide) est explicable par le pétrole. Or c'est une erreur complète. pour le voir il suffit de se rapporter à la carte des périmères concédés par le gouvernement de Khartoum, dessinée par un service américain, et reproduite par Engdahl. la voici:

On voit tout de suite que le Darfour en entier (les trois provinces, Nord, Ouest et Sud) sont en dehors des périmètres de recherche pétrolière. Une toute petite partie de la zone 6 (zone chinoise, octroyée en dernier, et donc marginale) se trouve affectée à une petite fraction de la province du Sud-Darfour. Autrement dit, ce qu'on appelle le Darfour ne recèle pas une goutte de pétrole, dans l'état actuel des connaissances des entreprises qui se livrent à sa recherche. Le pétrole est ailleurs, et certainement dans ce qui est le sud du Soudan, qui a fait l'objet d'une très longue guerre, aujourd'hui arrêtée. De même, l’oléoduc qui relie les zones pétrolifères à Port Soudan, sur la mer Rouge, pour approvisionner les tankers chinois, passe par le Kordofan et remonte vers Khartoum, ce qui le tient à plus de 200 km du Darfour. Enfin, M. Engdahl néglige de noter un élément qui nous intéresse: la zone la plus dense, la plus prometteuse est le bloc qui s'appelle Central (zone 5) et il est détenu par la compagnie française Total. Cette compagnie aura fait preuve de patience. Elle est présente sur le terrain depuis plus de trente ans. Elle s'est toujours discrètement immiscée dans la guerre du Sud. Les Français ont toujours appuyé leur présence dans la région, sous la parapluie de MSF. Les représentants de MSF que j'ai interrogés à Khartoum dans les années 80 n'ignoraient pas la raison de leur présence toujours soigneusement financée par Paris. A l'époque, le Darfour était calme et vivait son anarchie et sa pauvreté avec tranquillité. Il était à peu près impossible d'intéresser les organisations humanitaires à la situation des populations four déshéritées. En outre, le cœur du Darfour est un massif montagneux qui culmine à 3000m. Ce n'est pas dans ces coins-là qu'on trouve du pétrole. Il est donc impossible de faire du pétrole la cause des conflits entre fractions du Darfour, et la raison des ingérences manifestes des puissances étrangères.
Bref, je reproche à nos excellents amis de faire une grosse erreur, de céder à la paresse du sempiternel "its oil, stupid" et de ne pas voir que l'enjeu du Darfour, comme question internationale, est essentiel pour les seuls Israéliens qui cherchent à faire exploser le plus grand pays "arabe" pour en récupérer des morceaux. Pourquoi croyez-vous que des "réfugiés" soudanais se retrouvent en Israël? A l'aveuglette?
Gavial jovial.
1 - La Palestine martyrisée par les sauvages |
Antisémitisme et négationnisme sont-ils solubles dans le soutien à la cause palestinienne?
Gérard Eizenberg
En Grande-Bretagne, le mouvement pour la solidarité avec la Palestine a rejeté deux motions contre l’antisémitisme et le négationnisme. Nos amis d’Engage, tout en défendant la cause d’un État palestinien viable à côté de l’état d’Israël, ne fraient pas avec n’importe qui. Nous non plus d’ailleurs, même si le paysage français n’est pas celui du Royaume-Uni, un peu effrayant à certains égards. Restons fermes et vigilants sur les valeurs, en république comme en monarchie parlementaire.
Tony Greenstein est antisioniste. Il pense que le sionisme équivaut au nazisme, que les sionistes ont aidé les nazis à perpétrer la Shoah, et qu’Israël est par essence un État raciste.
Sue Blackwell est antisioniste. Elle s’est fait connaître en militant pour l’exclusion des universitaires israéliens des campus, des conférences et des revues scientifiques dans le monde. Elle pense qu’Israël est un État «illégitime«.
Roland Rance est antisioniste. Il milite pour «le démantèlement de la structure sioniste de l’État d’Israël».
Pendant des dizaines d’années, tous les trois ont diabolisé Israël, avec passion et constance. Ils se sont battus très dur pour tous les principes antisionistes, sans répit. Israël est un État d’apartheid, disent-ils, les syndicats ne sont pas de vraies organisations de travailleurs, disent-ils, les universités sont des instruments d’oppression, disent-ils, ses civils ne sont pas vraiment des civils, ses antiracistes sont en réalité des racistes, déclarent-ils.
Mais aujourd’hui, la Campagne pour la Solidarité avec la Palestine (CSP) au Royaume-Uni les rejette, parce qu’ils ont osé s’élever contre l’antisémitisme ouvertement prôné au sein du mouvement. Le week-end dernier, ils sont venus à la conférence de la CSP porteurs de deux motions qui demandaient l’exclusion de ceux qui poussent au négationnisme et prônent ouvertement l’antisémitisme. Leurs motions ont été repoussées à la quasi unanimité.
L’antisionisme britannique se bat pour un monde qui singularise et diabolise Israël, comme s’il était le seul mal du monde. Il évolue dans un monde où la plupart des antisionistes, des staliniens aux djihadistes en passant par les néo-nazis et les nationalistes arabes, sont ouvertement antisémites. Il est évident qu’une telle diabolisation, constante et qui s’étend partout, a le potentiel de mener à la montée d’un antisémitisme à ciel ouvert. Et aujourd’hui, nous le voyons en train de se produire au sein du mouvement de solidarité avec la Palestine.
Greenstein et Rance ont été attaqués, et ils ont pensé réagir en mettant de leur côté la conférence antiraciste de la CSP. Ils se sont trompés. La conférence s’est prononcée contre. Sue Blackwell, semble-t-il, est aujourd’hui isolée et fait partie des rares antisionistes antiracistes qui restent à la CSP. Elle est l’une des seules à s’élever pour défendre ses camarades juifs.
Greenstein, Rance et Blackwell paraissent ne pas comprendre comment leurs obsessions anti-israéliennes ont conduit à une situation où eux-mêmes ont été marginalisés au sein de leur CSP par une bande d’antisémites. Ce week-end, ce que nous avions prévu s’est réalisé, plus tôt que nous le pensions.
Avant le vote, Roland Rance en avait appelé aux antiracistes de la CSP pour venir à la conférence et voter: un appel à quiconque est membre de la CSP, ou désireux d’en faire partie, d’être présent à la conférence. Il y avait deux motions (l’une émanant de nous et de Les Levidow, l’autre de Tony Greenstein et Sue Blackwell), qui s’opposaient à l’infiltration des antisémites et des négationnistes au sein du mouvement. Les opposants sont devenus enragés, et ont posté sur Internet des textes de plus en plus hostiles. Il était important que ces motions soient adoptées, et que la motion truquée du bureau exécutif soit repoussée, car autrement, les «ordures» qui se sont introduites chez nous et utilisent une soi-disant solidarité avec la lutte des Palestiniens à leurs propres fins, auraient gagné. Nous demandions d’avaler toutes réserves sur la tactique sur la formulation. Ce qui était en jeu, c’était le principe, et il fallait rallier le plus de partisans possible.
Mais ce sont les «ordures» qui ont gagné.
Pour lire la suite, commentaires et textes des motions (en anglais), cliquer sur le lien: http://www.engageonline.org.uk/
Trad.: Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant
Source: http://www.lapaixmaintenant.org/article1568
A condition de savoir lire, c'est l'exemple à suivre: ceux qui mettent en avant ce qu'ils appellent l'antisémitisme qui est une énorme calomnie, et qu'il faudrait rejeter, visent les véritables critiques du sionisme qu'ils trouvent insupportables. A Paris, il sont légion ceux qui veulent faire croire que les juifs ont encore leur place au Moyen-Orient. Or l'effrayante quantité de crimes qui sont commis par la présence juive la rend depuis longtemps indésirable et impossible. C'est cela qui est la pierre de touche entre les sionistes cachés et ceux qui sont vraiment solidaires des Palestiniens. La position dite "des deux États" est donc en train de couler[2]. Messieurs les Anglais, vous avez tiré les premiers. Chapeau.
Carter Book Stirs Furor With Its View of Israelis' 'Apartheid'
By Julie Bosman
On Tuesday night in Phoenix, after signings and interviews to promote his new book, Palestine Peace Not Apartheid, President Jimmy Carter made a hastily arranged visit: an hourlong gathering with a group of rabbis. "We ended up holding hands and circled in prayer," Mr. Carter said in a telephone interview from Phoenix, adding that the rabbis requested the meeting to discuss his book.
It was an unusual interruption during an unusually controversial book tour, which began with a few faint complaints last month and has escalated to a full-scale furor, with Mr. Carter being trailed by protesters at book signings, criticized on newspaper op-ed pages and, on the normally sedate "Book TV" program on C-Span2, being called a racist and an anti-Semite by an indignant caller.
Such backlash is triggered by Mr. Carter's assertions that pro-Israel lobbyists have stifled debate in the United States over the Israeli-Palestinian conflict; that Israelis are guilty of human rights abuses in Israeli-occupied Palestinian territories; and that the editorial pages of American newspapers rarely present anything but a pro-Israel viewpoint. But the bulk of outrage has come from his use of the word apartheid in the title, apparently equating the plight of today's Palestinians to the former victims of government-mandated racial separation in South Africa.
Jewish groups have responded angrily, saying that Mr. Carter's claims are dangerous and anti-Semitic. But Mr. Carter is steadfastly defending the book, saying he believes there is a valid comparison between Israelis and the white South Africans who oppressed blacks. "It was obviously going to be somewhat provocative," Mr. Carter said of the title. "I could have said 'A New Path to Peace' or something like that." But Mr. Carter said he felt apartheid was the most pertinent word he could use, and in retrospect he would not change any of the book's content.
His book details his version of the history of the Israeli-Palestinian conflict, beginning with the 19th century. He concludes that Israel is now following a "system of apartheid," in which Israelis are dominant and Palestinians are deprived of basic human rights.
The book was published Nov. 14 by Simon & Schuster. It is at No. 7 on The New York Times's best-seller list, and has sold more than 68,000 copies, according to Nielsen BookScan, which measures 60 to 70 percent of a book's sales. In the interview Mr. Carter defined apartheid as the "forced separation of two peoples in the same territory with one of the groups dominating or controlling the other." Under that definition, he said, the United States practiced a form of apartheid during its "separate but equal" years of segregation.
Opposition to the book has appeared widely on newspaper editorial pages, including in The Washington Post and The Atlanta Journal-Constitution.
In an essay titled "It's Not Apartheid," Michael Kinsley lambasted the book in The Washington Post on Tuesday. "It's not clear what he means by using the loaded word 'apartheid,' since the book makes no attempt to explain it, but the only reasonable interpretation is that Carter is comparing Israel to the former white racist government of South Africa," Mr. Kinsley wrote.
In The Jerusalem Post, David A. Harris, the executive director of the American Jewish Committee, called the book "outlandishly titled." Abraham H. Foxman, the national director of the Anti-Defamation League, said: "The title is to de-legitimize Israel, because if Israel is like South Africa, it doesn't really deserve to be a democratic state. He's provoking, he's outrageous, and he's bigoted."
This week the Anti-Defamation League began running ads criticizing Mr. Carter in major newspapers, including The New York Times, The Washington Post, The Los Angeles Times and The Atlanta Journal-Constitution. Mr. Carter has also fought off charges that he misappropriated material in a book by Dennis Ross, a former envoy to the Middle East who is now a foreign affairs analyst for Fox News. And Kenneth W. Stein, an adviser to Mr. Carter, resigned last week from the Carter Center after calling the book "replete with factual errors, copied materials not cited, superficialities, glaring omissions and simply invented segments."
Mr. Carter contradicted those claims, saying he had never read Mr. Ross's book The Missing Peace. "I wrote every word myself," he said. "I didn't plagiarize anything." Mr. Carter has a longstanding interest in the Middle East conflict. When he won the 2002 Nobel Peace Prize, the prize committee cited his role in the 1978 Camp David accord between Israel and Egypt.
Mr. Carter wrote in an essay in The Los Angeles Times on Friday that the American Israel Public Affairs Committee's lobbying efforts have produced a reluctance to criticize the politics of the Israeli government. The editorial boards of major American newspapers and magazines, he continued, have exercised self-restraint on the subject of Israel and the Palestinians. A vocal pro-Palestinian viewpoint, he said, is "nonexistent in this country to any detectable degree." Which is the claim that Mr. Foxman said he found most offensive. "The reason he gives for why he wrote this book is this shameless, shameful canard that the Jews control the debate in this country, especially when it comes to the media," he said. "What makes this serious is that he's not just another pundit, and he's not just another analyst. He is a former president of the United States."
12.14.2006 | The New York Times
Carter and Swarm
by Israel Shamir
Publication of Jimmy Carter's Palestine: Peace Not Apartheid is a great event for America and for all of us. It's not that Carter had said something we did not know about Palestine. Before Carter came,
http://www.counterpunch.org/aloni01082007.html we knew that the Zionists established a racist apartheid regime in the Holy Land where Jews have rights, and goyim have duties. Before Carter came
http://www.counterpunch.org/cook01192007.html we knew a native Palestinian has no right to vote, move, work freely in his land, that he is locked up behind the twenty-foot wall. Before Carter came
http://www.counterpunch.org/makdisi12202006.html we knew that the US support allowed the atrocities to occur and the apartheid regime to entrench. But we did not know that there are prominent Americans who would dare the wrath of organised Jewry and spell it out loud.
Why did President Carter do it? Why did he risk his peaceful old age and gently fading glory to endure an attack of Israel's Fifth Column as merciless as the Four Columns' onslaught on Gaza? He was moved by compassion, by this supreme Christian virtue of feeling together with the suffering and the oppressed. He saw the suffering of Palestine and he could not keep his quiet. He upheld a honourable American tradition: that of Mark Twain who condemned the US atrocities in Philippines, that of Henry Thoreau speaking against the Mexican War. This is a universal tradition, too: Multatuli unmasked the Dutch atrocities in Indonesia, Roger Casement did it to the Belgians in Congo, Radishchev bewept the fate of a Russian peasant. And their voices changed our world, though not immediately. Carter is not a radical; a man of hotter temper would call to terminate the infamy called «The Jewish State» altogether. Carter's message was soft and gentle; so soft and compassionate that only an arrogant and power-intoxicated won't be able to live with it. Others (including me) were more hard and explicit, but then the others weren't the US presidents.
Why now? The apartheid in Palestine was bad enough ten years ago to warrant his intervention, but this despondent helplessness we witness now is a new phenomenon. Hope ever kept alive up by Camp David, by peace with Egypt, by Madrid and Oslo conferences is dead. A year of severe blockade brought forth a confrontation between the Palestinian parties and the Jewish wet dream, an inter-Palestinian civil war, is about to come. The Holy Land is on the verge of collapse. President Carter is 82, and he is not afraid of anything. In this age, and at this stage of life, statesmen are likely to speak their mind, like the Malaysian PM Mohammad Mahathir did after his retirement. This is the time for unpalatable truth: the ideological and spiritual guidance of the West while dislodged from the hands of the Church, passed over to the usurpers of Zion. While they rule, Palestine has no chance.
Though most ordinary US Jews are sane and sensible, the decisions are made by super-rich, super-powerful, super-chauvinist Jews who are anything but. They are the power pushing for war. Carter wanted to stop the disaster in the Middle East, by convincing the sane and rebutting the arrogant. Thus the President joined the fracas, as the traditional WASP America tries to regain the lost ground and save the country they love from destruction. The WASPs, with all their immense property holdings, traditions and roots found themselves marginalised by the Jews with their dead hold on media and universities: indeed the spirit rules over matter.
http://www.counterpunch.org/patrick12082006.html Baker-Hamilon Iraq Study Group and
http://www.lrb.co.uk/v28/n06/mear01_.html Walt - Mearsheimer report are the first salvos in this WASP Intifada. A Jewish American columnist (resident in Israel and writing for Israel’s
http://www.haaretz.com/hasen/spages/813159.html Haaretz) Burston correctly stated that “Carter's true intended target was the organized American Jewish community.” Carter pointed out the main reasons for apartheid in the Holy Land, says Burston:
* Jewish control of [the US] government: “It would be almost politically suicidal for members of Congress to espouse a balanced position between Israel and Palestine, to suggest that Israel comply with international law or to speak in defense of justice or human rights for Palestinians.»
* Jewish control of the [US] media: “What is even more difficult to comprehend is why the editorial pages of the major newspapers and magazines in the United States exercise similar self-restraint, quite contrary to private assessments expressed quite forcefully by their correspondents in the Holy Land.”
After Carter spoke, he was immediately counterattacked by organised Jewry. This was not a sight to miss. In my native Siberia, in its short and furious summer you may see swarm of gnats attack a horse, each tiny bloodsucker eager for his piece of action. In a while, the blinded and infuriated animal rushes headlong in mad sprint and soon finds its death in the bottomless moors. The Jews developed the same style of attack. It is never a single voice arguing the case, but always a mass attack from left and right, below and above, until the attacked one is beaten and broken and crawls away in disgrace.
Each attacker is as tiny and irrelevant as a single gnat, but as swarm they are formidable. Observe them separately: Dershowitz, an advocate of
http://www.prisonplanet.com/dershowitz_torture_could_be_justified.htm torture and of hostage killing, an apprehended
http://www.normanfinkelstein.com/article.php?pg=11&ar=112 plagiarist who never was elected to any position of authority and commands no respect, demands to debate the president. It is indeed beyond chutzpah; but Dershowitz is supported by other Jews in prime positions and his ridiculous demand is seconded by university and media until this thieving nonentity gets equal time on a TV channel to present “his case”. Another gnat is a Deborah
http://pcapostate.blogspot.com/2007/01/deborah-lipstadt-is-less-popular-than.html Lipstadt, a nonentity brought forth by the Washington Post. Plenty of others are even smaller than these two, for instance 14 Jews who gave up their positions at Carter Center. If they would not keep media in their hands, they wouldn't be heard but by their spouses.
Their technique is quite simple. They switch the focus of argument onto the personality of their adversary. Thus, instead of discussing apartheid in Israel, we discuss Jimmy Carter, whether he is a bigot and antisemite (thus Foxman, a bad Jew) or he is not (Avnery, a good Jew). The correct answer is “irrelevant”: Carter’s love of Jews or lack of it has no bearing on the question of apartheid in Palestine. Likewise, if we discuss the situation in Bosnia or Kosovo, we do not go into our sentiments towards Serbs, Albanians or Croats. But Jews are different.
http://www.alternet.org/story/47148 For instance, General Wesley Clark said that rich Jews, the great donors of Washington politicians, push for war with Iran. Well, it can be discussed, maybe denied, but instead, they derail the discussion into another topic, whether Clark is an antisemite. Matthew Yglesias
http://www.alternet.org/story/47148 provides the sources for the whole kosher hog, from comparison with The Protocols, to inevitable quote from Foxman who says Clark had “bought into conspiratorial bigotry”. From this moment, Clark will stick to defending himself, and the guys will take care that his hands will be full. Here again, the correct answer is a polite shrug: who cares whether Clark is a bigot? Maybe he is also a paedophile and usurer, but this ad hominem has no bearing on what he said. And an accusation “you do not love Jews” is not much different from “You do not love your aunt”, and you probably have learned to live with it at the age of six.
A good book to accustom oneself to this sort of attack is Michael Bulgakov’s http://www.amazon.com/Master-Margarita-Mikhail-Bulgakov/dp/0679760806 The Master and Margarita: this marvellous book shows a Jewish critics’ swarm attack on a writer who dared to write about Christ. Indeed, whoever mentions Christ will experience it sooner or later.
I also tried the taste of swarm attack. During the Tsunami disaster in Thailand I discovered that the Jewish undertakers, Zaka, forced the Thais to delay mass burial of victims for a day or two, despite the real and immediate danger of epidemic diseases, in order to avoid a real calamity: holy Jewish bodies may be inadvertently buried together with the goyim. I was told so by the members of the Zaka team who were quite proud of their feat. I wrote about it
http://www.israelshamir.net/English/Tsunami.htm Tsunami in Gaza. It was republished by a few sites. Then, a British Jew named Manfred Ropschitz began an ad hominem campaign against me. Other Jews joined the fray, discussing whether I am a Jew, or a “Swedish-Russian Nazi antisemite”, as if it has any bearing on the tsunami story. Instead of shrugging it off, other supporters of Palestine switched to this piquant subject. They carried their discussion from The Times to their email lists, until eventually, another Jewish “antisionist” commented with deep satisfaction: “Shamir is marginalised and brought into disrepute”.
Ropschitz did not try to disprove the story, for the story was true. He wrote: “With an army of journalists crawling over the Tsunami story I'd expect to have heard such shocking news by now if it's true. I am a journalist and I don't believe it.” No, gentlemen, you won’t hear a true story if it is not acceptable to Ropschitzes of this world. They will hunt you to the far-away corner of the world, and there are not many people who care to risk their well-planned attack. Indeed one should be a real kamikaze to enter this fight. The Ropschitzes, these quite ordinary Jews who fully identify with their community, are the key to the swarm attack. There are many Jewish media-lords, even more editors, but it is the Ropschitzes that clinch the party line. These willing executioners of our freedom, the foot-soldiers of the media lords, automatically defend “the Jews” i.e. the organised Jewish community at any price. Ordinary human beings of Jewish origin can be of any opinion. Likewise, ordinary Americans do not decide whether their country will attack Iran or not. But Bush and Cheney alone can’t fight Iraqi war, and the Jewish media lords would be powerless without their willing executioners of freedom.
The Gentile philosemites are even worse, noticed Eustace Mullins, the legendary American writer whose best-selling books (running into the millions) were never published or distributed by the mainstream. He wrote:
“It has long been common knowledge since the incorporation of the three [US] major national television networks that each of them was owned, operated and controlled by Jews. Now at last, or so it seemed, the Christians of America would have their own Christian television network on which they could observe the tenets of the Christian religion. Or so it seemed. And when the CBN began its daily broadcasting, what was its daily message? We must love the Jews. We must support the State of Israel in all its depredations and its immoral devastation of the Holy Christian Shrines in the Birthplace of Our Saviour. We must help the Jews, and we must, above all, avoid the greatest sin, the sin of 'anti-Semitism', whatever that is. Even the Jewish networks do not broadcast as blatantly pro-Jewish propaganda as the Christian Broadcasting Network.”
A man died this week in France, a real saint, who was known by affectionate appellation “Abbè Pierre”, a priest who fought with the Resistance, helped homeless, provided for the poor and was a great friend of Palestinians. In 1996 he was hounded almost to death after he expressed his support for another friend of Palestine, Roger Garaudy who wrote a book
http://www.codoh.com/zionweb/zionmythgar.html The Founding Myths of Israeli Politics A victim of Jewish swarm attack, he went into seclusion to Italy and to Switzerland, deserted by the people he fought for. His sorry fate should be remembered by the French and bother their conscience. If the Maid of Orleans was executed by the British Occupation regime (though using French collaborationists) no such excuse is available for those who ostracised the Abbè Pierre: they just got frightened by the swarm attack.
This fear of Jewish swarm attacks already brought much sorrow to mankind. In 1930s, the famous American aviator Charles Lindbergh called the US to stay out of the coming war in Europe. He was attacked by the Jewish media as a Nazi and a Hitler sympathiser, was besmirched and “overnight Lindbergh
http://www.kevinmacdonald.net/BenderskyRev.htm went from cultural hero to moral pariah”. Now again, the US is being pushed by the same forces into a new war, this time in the Middle East. Let us try and stop it by being fearless, for as a Jewish Hassid spiritual song hath it, “haikar lo lefahed bihlal”, the most important is not to be afraid at all. Carter brought us hope that there is an America the world can live with, a non-aggressive, democratic America, whose policies aren’t decided by the rich donors, but by the ordinary Americans who voted against the war, and who today gather in Washington calling to stop escalation.
28 January 2007
Going for the nuclear option
[extraits en français infra]
By Avner Cohen
On the eve of the Six-Day War, while Israel was preparing thousands of graves for the expected casualties, it achieved a major breakthrough in its nuclear program. To this day, it has remained shrouded in ambiguity, secrecy and taboo
This week, 40 years ago, was perhaps the most dramatic and nerve-wracking in the history of the state. It was the last , and the most difficult, of the three weeks that have become engraved in national memory as "the waiting period" on the eve of the 1967 Six-Day War. Most of the Egyptian army was already deployed in the Sinai, some of it in attack formation, while the Syrians were deployed on the Golan Heights. On May 28, Israel decided to wait for another "two or three" weeks. Two days later King Hussein of Jordan signed a defense pact with Egypt, thereby effectively subordinating Jordan and its army to the Egyptians. Anyone who wasn't yet born then cannot possibly fathom the depth of the anxiety that gripped Israel. It was but two decades after the end of World War II, one generation after the Holocaust, and many of Israel's citizens, who were still of an age to engage in military action, were themselves survivors. This was a tiny Israel, located inside the 1949 armistice borders, which foreign minister Abba Eban called "Auschwitz borders."
Israel's nuclear project was borne out of the tremendous fear of another Holocaust, which was a guiding light for the project's father, David Ben-Gurion, and that week in May may have been its most dramatic.
Many of those involved saw themselves as partners in the making of a unique history. They were convinced that their activity signified a historic moment, and no politician, not even the prime minister, would be able to turn back the clock. Many of the recently published studies of the Six-Day War hinted at the fact that the Israeli nuclear dimension played an important but hidden role in the events leading up to the war, but none of the books has focused on this aspect. Layers of ambiguity, secrecy and taboo, in addition to censorship, prevented the story from coming to light. In my book Israel and the Bomb (1999), I tried to examine the crucial place of the Six-Day War in Israel's nuclear history. On the basis of commentary in Israeli and foreign publications, as well as additional documentary material, I suggested that it was on the eve of the war that Israel realized its nuclear option. Here, I will update that research. It should be noted that in the absence of official, authorized Israeli material, all of the assessments and conclusions made here are mine alone.
According to all the estimates, Israel had almost completed the research and development stage of its nuclear plan during the year that preceded the Six-Day War. The main partners in the plan's development had acted separately from each other both organizationally and technologically, but now they were approaching the point of convergence. To oversee coordination of their work, halfway through 1966, the Atomic Energy Commission was reconstituted as an administration responsible for dealing with nuclear activity, under the management baton of Professor Israel Dostrovsky of the Weizmann Institute. Prime minister Levi Eshkol decided that he himself would chair the committee and hold the ministerial responsibility for its sensitive work. Despite the establishment of the commission, the political establishment still found it difficult to provide clear answers to the dilemmas that multiplied during the period preceding the Six-Day War. For the initial five nuclear countries (the United States, the Soviet Union, Britain, France and China), a successful nuclear test marked the transition from the infrastructure and R&D stage to the stage of building force and strategy. While such a test revealed the capabilities, it also publicly symbolized that the country had a nuclear political commitment. A test meant lifting the ambiguity surrounding the country's intentions. According to expert opinion, from a technological perspective, Israel could have followed this procedure in full during the second half of 1966. At that point, Israel could have joined the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT) as a nuclear country in every respect.
Delicate political consensus
But Israel was different. As I wrote in Israel and the Bomb, as far as Eshkol was concerned, such a step was not a possibility. "What do you think, that the world will congratulate us for our achievements?" Eshkol would sarcastically demand of those who brought up the subject. And he had good reasons for thinking this way. Eshkol knew that the act of revelation would be a gross violation of the commitment he had made to the American administration that Israel would not be the first country to introduce nuclear weapons into the Middle East. Ben-Gurion had used this formula back in 1962, and afterward Shimon Peres used it as well, at an improvised meeting with president John F. Kennedy at the White House in April 1963. But the memorandum of understanding Eshkol signed in March 1965 with White House representative Robert Kommer turned this formula into an official Israeli commitment. Its precise meaning was vague, and Israel refrained from clarifying it. Eshkol, who fell in love with the formulation for exactly that reason, would, with a half-smile, ask the native English speakers around him (Abba Eban and Ya'akov Herzog) what exactly he was promising not to do in saying this.
Everyone understood that a revelatory act would signify a gross violation of the Israeli commitment. Beyond that, Eshkol knew that the great powers were in an advanced stage of discussing an international nuclear nonproliferation pact. An Israeli revelatory act would therefore be tantamount to a challenge to those powers, which would result in a diplomatic catastrophe in the relations with the United States on which he had worked so hard. Furthermore, this commitment also had political significance inside Israel. The policy expressed a delicate internal Israeli consensus that the leaders of Ahdut Ha'avodah, one of the predecessors of Labor, especially Yisrael Galili and Yigal Allon, saw as a part of the sensitive coalition agreements still in place with Ben-Gurion. As far as they were concerned, this formula reflected a strategic Israeli interest and was no mere convenient and vague formulation. They believed that Israel had to develop a nuclear "capability," but not proceed beyond this stage and nuclearize the Middle East. It is hard to know what Eshkol thought about this view, but most probably, if only for political reasons, he was closer to Galili and Allon than to the Rafi (an offshoot of the Mapai party) people, Peres and Moshe Dayan, who at that time supported nuclear deterrence. And of course there was the Egyptian factor. Eshkol knew very well that a revelatory act would be tantamount to a provocation that would ignite a regional war, as Nasser had indeed threatened in 1966, when he announced that Israel's deployment of nuclear weapons would require the launching of a preventive war.
Due to these special circumstances, the nuclear dilemma Israel began to grapple with on the eve of the Six-Day War was anything but simple. Israel had to decide what it wanted to do with its nuclear project: whether it wanted to develop nuclear weapons, or to develope a limited, virtual capability, and then rely on security guarantees from the United States, or even make peace with the Arabs. To put it another way: Israel had to decide on the real parameters of its nuclear plans, both with respect to infrastructure and with respect to products. Israel's political leadership in 1966-1967 had difficulties providing clear-cut answers to those questions. Eshkol's difficulty derived in part from the fact that Ben-Gurion, the founding father of the nuclear project, had determined that big strategic questions should be set aside and the focus should be on the here and now. As I understand it, Ben-Gurion did not have clear answers, apparently not even for himself, as to where Israel should be heading after the completion of the research and development stage. A lot depended on the way the world would react to Israel's behavior.
It was only natural that the heads of the nuclear project would push for technological determination. They wanted to forge ahead even without a revelatory act. As far as they were concerned, freezing the project at the crucial point would amount to a betrayal of their work. The ethos of the project, as it was nurtured, was that a nuclear option meant usable capability for an existential (and unexpected) "moment of last resort." To the best of my understanding, as they saw it, Israel had to have a real nuclear option, not something amorphous.
A strike on Dimona
But it appears that prime minister Eshkol and part of the military top brass saw things differently during the months that led up to the Six-Day War. In my estimation, Eshkol's heart was more on the side of caution than toughness. I use a cautious formulation to express Eshkol's position on the nuclear issue for two reasons. For one, unfortunately, no public archival material exists that casts light on Eshkol's thoughts. The second and no less important reason is that the "meagerness of the material" has a real objective dimension: The nuclear ambiguity was convenient for everyone, including those like Eshkol, who did not want to decide, or found it difficult to do so. Nevertheless, it appears that now there are many testimonies, some of them better known and some of them less so, that indicate Eshkol's caution.
In his book Eshkol, Give the Order! (2004), Ami Gluska, using IDF documents from the highest level, revealed the concern among the top brass and the political level during the two preceding years about an Egyptian military response to Israeli nuclearization. The top military and government echelons assessed that the nuclear compound in Dimona was a major target for an Egyptian surprise attack, especially if and when Egypt believed Israel was close to producing a nuclear weapon. Worries such as this became central as Israel progressed in its nuclear activity.
Thus, Gluska describes how, at a meeting of the General Staff, toward the end of 1965, chief of staff Yitzhak Rabin said: "If the Egyptians bomb Dimona and we want to go to war, we will get an ultimatum from the entire world." Even though Egypt's military involvement in Yemen had, in the assessment of Military Intelligence, reduced the chances of an all-out war with Egypt, at the beginning of 1966 the heads of Military Intelligence perceived a pinpoint Egyptian attack on Dimona as not only possible, but likely. Several months later, in October 1966, Rabin used Dimona in his arguments on why the IDF should practice restraint in the face of Syrian provocations. "There is an object in the south of the country that is an ideal object for a limited response [on the part of Egypt] and it would enjoy total support from the entire world for this. Dimona. [Government ministers] say [that] Egypt can't move troops [to Sinai or to Syria], but dealing with Dimona, that doesn't count as war. It would be a limited action." Gluska notes that the fear with respect to Dimona was translated into an explicit demand by the political level not to ratchet up the activity against Syria, as the army was demanding.
There are other indications with respect to the disquiet Dimona caused. During the year and a half before the Six-Day War, Mossad head Meir Amit invested great effort in examining the possibility of a profound change in Israeli-Egyptian relations, including even an opportunity for peace. Looking at the documents of this project, known as Icarus, which were published by Ronen Bergman and Tom Segev, and reading Amit's book Head to Head, illustrates that Dimona looked to him like a possible diplomatic lever for a breakthrough with Egypt. Amit was not the only one who thought this. MK Zalman Abramov of the General Zionists and a member of the Committee to Prevent the Nuclearization of the Middle East, tried to promote similar diplomatic ideas. When I interviewed him at the beginning of the 1990s, he spoke about his perception back then that it was possible and necessary to trade the Israeli nuclear option for the possibility of peace. He wrote personal memoranda dealing with this matter to Eshkol and Eban, and met with them, but it was unclear to him whether either ever did anything about it.
Further evidence for Eshkol's disquiet comes from another direction. In December 1966, there was a serious industrial accident at the Dimona compound. One worker was killed, a sensitive work area was contaminated and it took many weeks to purify and seal off the damaged area. The accident shocked all those responsible for the nuclear project, including the prime minister himself. Recently published American diplomatic documents show how the U.S. ambassador to Israel at the time, Walworth Barbour, saw matters. In a letter Barbour sent in February 1967 to a senior person in the State Department's Near East Division, he wrote that he did not recall any other occasion when Eshkol had sounded so uncertain as to the future of Dimona. Barbour recommended to his correspondent that perhaps, from Washington's perspective, this was the time to move the idea of developing a large energy project, involving nuclear desalinization of water in Israel, into practice. According to Barbour, in return, Israel would place Dimona under inspection. In his letter Barbour writes that even six months earlier he had been certain that the Israelis would never be persuaded to give up their option of a nuclear weapon in return for the desalinization project, but he believed a number of new elements had entered the picture of late. He went on to say that one could sense a slackening of the determination to leave Nasser unwitting as to Israel's nuclear intentions and that the Israelis' awareness of the dangers inherent in this mode of action had become clear to him in a number of recent conversations with the prime and foreign ministers. He also wrote that his personal impression was that Dimona was not working at full-steam and that the most promising arrangement available on the horizon was the possibility that Israel would open Dimona to a significant number of non-Israeli scientists for inspection. He added that Abba Eban was thinking along those lines, which was significant, and that at least one trial balloon had been sent up recently in that direction.
Another piece of indirect evidence shedding light on Eshkol's hesitations arose in an interview I conducted with Floyd Culler, who headed the American team visiting Dimona in the late 1960s. Culler also headed the team that visited Dimona in April 1967, the last visit before the war broke out. During this visit the team was officially accompanied by Professor Amos de-Shalit, the scientific director of the Weizmann Institute. On the last day of the visit, after a reception at de-Shalit's home in Rehovot, the host insisted on personally taking Culler back to his hotel in Tel Aviv. In the conversation between the two, de-Shalit brought up a number of suggestions Culler later described as the detailed thoughts of a physicist on how to prevent a nuclear Middle East. Although de-Shalit described his suggestions as "personal thoughts," Culler was convinced that the suggestions were a "trial balloon" launched on Eshkol's behalf, and he transmitted them to Washington as such.
From the little Culler was prepared to say on the subject, it was obvious to me that de-Shalit had made it very clear to him that now was the time to act in order to prevent a nuclear Middle East. Unfortunately, added Culler, within weeks the crisis in the Middle East erupted, and the nuclear issue lost its relevance overnight. Even decades later, Culler still related to the conversation with great delicacy, and he refused to go into detail.
Crossing the threshold
We are coming to May 1967. The standard Israeli narrative until now has never discussed the war's nuclear dimension. The memoirs of Eshkol's military secretary, Colonel Yisrael Lior, which were edited by Eitan Haber in the book Today War Will Break Out (1988), for the first time revealed the aerial photographs taken by parties hostile to Israel over "strategic targets" during the waiting period, and discussed the impact these flights had on the way Israeli politicians perceived the crisis. In two reports in the early 1990s in Haaretz, Aluf Benn was, I believe, the first to say that the Six-Day War also had a nuclear dimension, citing the somewhat opaque remarks of the founder of Rafael (Armaments Development Authority), Munia Mardor, about that "fateful weapons system my people have succeeded in bringing to operational readiness."
From Gluska, we learned how two high-altitude aerial photography flights over Dimona, on May 17 and 26, were critical for the IDF and the government's understanding of the Egyptians' intentions. On both occasions the atmosphere of crisis was exacerbated within minutes of the flights being discovered. The second flight was discovered in real time during a government meeting. Rabin and Eshkol went out for an immediate consultation. Rabin reported on "a strange and worrying transmission that reported about coordination between bombers and fighter planes." For a moment there was a fear that this was the start of an aerial attack on Dimona. Eventually minister Moshe Carmel spoke of the "shock" that gripped the members of the government when they received the report of a "wing of fighter planes over the reactor in Dimona." In their new book, Foxbats Over Dimona: The Soviets' Nuclear Gamble in the Six-Day War, Isabella Ginor and Gideon Remez for the first time suggest that the planes were not in fact MiG 21s, as stated in Israeli sources, but rather MiG 25s, flown by Soviet pilots. However, at the same time, an even more important drama in the chapter of Israel's nuclear history was playing out somewhere else in the country. In my books Israel and the Bomb and The Last Taboo, I have argued that the weapons system Mardor (with some injustice) took credit for bringing to "operational readiness" was an atomic apparatus improvised toward the end of May 1967, at a time when Israel was preparing burial sites for the thousands of victims the war was expected to create. In this Israel crossed a threshold the likes of which it had never crossed before.
This was the first time the nuclear project managed by Professor Dostrovsky had taken a series of emergency measures. Now, for the first, time, Israel had a real nuclear option. This move expressed the depth of Israel's existential anxiety at that time: If everything failed, and Israel's existence were on the brink, the nation would be able to evince a doomsday weapon. To the best of my understanding, these emergency measures were not taken in answer to a specific request from the highest military or government levels, and certainly not as a response to a concrete operational need. They were taken simply because those who were doing the work were unable not to do so. The nuclear project had reached a historic point at which it was simply possible to do this, and those working on the project could not imagine that such steps should not be taken at that critical moment, even without an order from above. To this day, if the published reports are correct, this dramatic event has not been included in the official history of the Six-Day War. To this day the State of Israel has not publicly expressed its thanks to Dostrovsky, Mardor, Joseph Tulipman (the director of the nuclear scientific complex during that period) and their staff. Within three hours, the Israel Air Force destroyed most of the air forces of the Arab countries - the rest is known. This dramatic move on the eve of the war evaporated from national memory as though it never happened. In other words, it was and remains taboo. Prime minister Eshkol continued to maintain ambiguity with respect to the nuclear issue and apparently he found it hard to decide what Israel should do. New, far more urgent problems arose in the wake of the war and in any case, post-war Egypt was not the Egypt pre-1967. No one feared an Egyptian preventive strike against Dimona anymore, and after the decisions of the Khartoum summit, no one was looking for cracks for peace either. Meir Amit's fine diplomatic idea that the atom might perhaps be able to find an opening for peace breathed its last.
The signing of the NPT a year later did not ease Eshkol's hesitations either. He did not say yes to the NPT (as was the belief at the start of 1968), but he also did not say no to it; he simply kept postponing the decision. When he died, in February 1969, the issue had still not been resolved. It was Eshkol's successor, Golda Meir, who after about a year of thought and discussions shaped the ambiguous path Israel walked with respect to the atom during the following decades. After years of hesitations and pondering, of wondering how and in what way others would react, Israel found a way, or a non-way, of preserving the nuclear legacy of 1967.
The writer is a senior research scholar at the University of Maryland and the author of Israel and the Bomb.
http://www.haaretz.com/hasen/spages/862350.html
Extraits en français (Merci Mireille)
Traduction d'extraits d'un article d'Avner Cohen paru sous l'intitulé «Going for the nuclear option» paru dans Ha'aretz le 22/05/07 www.haaretz.com qui examine la dimension nucléaire de la Guerre des Six Jours de 1967.
… A la veille de la guerre des six jours, tandis qu'Israël préparait des milliers de tombes pour les victimes escomptées, Israël a accompli une percée majeure dans son programme nucléaire. Jusqu'à aujourd'hui, cela est dissimulé sous le voile de l'ambiguïté, du secret, et du tabou….
De nombreuses études publiées récemment sur la guerre des six jours laissent entendre que la dimension nucléaire d'Israël a joué un rôle important mais un rôle caché, dans les évènements qui ont conduit à la guerre, mais aucun des livres ne s'est concentré sur cet aspect. Des couches d'ambiguïté, de secret et de tabou en plus de la censure ont empêché l'histoire de voir le jour.
Dans mon livre «Israël et la Bombe» (1999) j'ai essayé d'examiner la place cruciale de la guerre des six jours dans l'histoire nucléaire israélienne. Me basant sur des commentaires dans des publications israéliennes et étrangères, ajouté aussi à cela du matériel documentaire, j'ai suggéré que c'était à la veille de la guerre qu'Israël avait réalisé son programme nucléaire. Ici, je vais actualiser cette recherche. Il faut noter qu'en l'absence de document officiel autorisé israélien, toutes les estimations et conclusions fournies ici sont seulement miennes.
Selon toutes les estimations, Israël avait pratiquement complété l'étape portant sur la recherche et le développement de son plan nucléaire pendant l'année qui a précédé la Guerre des Six Jours. Les principaux partenaires participant au plan de développement avaient agi chacun de son côté à la fois sur le plan organisationnel et technologique, mais maintenant ils s'approchaient du point de convergence. Pour superviser la coordination de leur travail, mi 1966, la Commission à l'Energie Atomique a été reconstituée comme Administration responsable pour s'occuper des activités nucléaires sous la direction du professeur Israël Dostrovsky de l'Institut Weizman. Le premier ministre Levi Eshkol a décidé qu'il présiderait lui-même le Comité et porterait la responsabilité ministérielle pour cette tâche sensible…
…Dans son livre «Eshkol Donne l'Ordre!» (2004), Ami Gluska utilisant des documents de l'armée israélienne au niveau le plus élevé, a révélé les préoccupations existantes au sommet de l'armée et du politique pendant les deux années précédant la Guerre des Six Jours, sur une réponse militaire égyptienne à la nucléarisation d'Israël. La direction de l'armée et les échelons du gouvernement estimaient que l'installation nucléaire de Dimona constituait une cible principale d'une attaque surprise égyptienne, spécialement si et quand l'Egypte croyait qu'Israël se rapprochait de la production d'une arme nucléaire. De telles inquiétudes sont devenues centrales alors qu'Israël progressait dans son activité nucléaire.
Ainsi, Gluska a décrit comment, lors d'une rencontre de l'état major, vers la fin de 1965, le chef d'État Major Yitzak Rabin a dit: «si les égyptiens bombardent Dimona et que nous voulons entrer en guerre, nous aurons un ultimatum du monde entier.» Bien que l'implication militaire de l'Egypte au Yemen, ait, selon une estimation du renseignement militaire, réduit les chances d'une guerre totale avec l'Egypte, au début de 1966, les chefs des renseignements militaires ont envisagé une attaque ciblée égyptienne sur Dimona non pas comme possible mais comme probable.
Plusieurs mois plus tard, en octobre 1966, Rabin a utilisé Dimona dans ses arguments pour dire pourquoi l'armée israélienne devait pratiquer la restreinte face aux provocations syriennes. «Il y a un objet dans le sud du pays qui est un objet idéal pour une réponse limitée (de la part de l'Egypte) et pour cela, elle bénéficierait du soutien total du monde entier. Les ministres du gouvernement pensent que l'Egypte ne peut déplacer ses troupes (dans le Sinaï ou en Syrie) mais s'occuper de Dimona, cela ne compte pas comme une guerre. Ce serait une action limitée.» Gluska note que la crainte en ce qui concerne Dimona a été traduite par une demande explicite de l'échelon politique de ne pas augmenter les activités contre la Syrie comme l'armée le demandait.
Il y a d'autres indications liées à l'inquiétude concernant Dimona. 1 an et demi avant la Guerre des Six Jours, le chef du Mossad Meir Amit a consacré d'importants efforts pour examiner la possibilité d'un changement profond dans les relations israélo égyptiennes, incluant même une opportunité pour faire la paix. En regardant les documents de ce projet connu sous le nom d'Icarus, qui ont été publiés par Ronen Bergman et Tom Segev et en lisant le livre d'Amit «Tête à Tête» on a l'illustration que Dimona semblait pour lui un levier diplomatique pour une percée avec l'Egypte.
Amit n'a pas été le seul à penser cela. Le parlementaire Zalman Abramov des Généraux Sionistes et membre du Comité pour Prévenir la Nucléarisation du Moyen Orient, ont essayé de faire la promotion d'idées diplomatiques similaires. Quand je l'ai interviewé au début des années 90, il parlait de sa perception à l'époque qu'il était possible et nécessaire d'échanger l'option nucléaire israélienne pour la paix. Il a écrit un mémorandum personnel sur le sujet à l'adresse d'Eshkol et d'Eban (ministre israélien des affaires étrangères de l'époque), et les a rencontré, mais pour lui ce n'était pas clair si l'un des deux avait fait quelque chose là-dessus.
Une preuve de plus pour nourrir l'inquiétude d'Eshkol est venue d'une autre direction. En décembre 1966, il y a eu un accident industriel sérieux dans la Centrale de Dimona. L'un des ouvriers a été tué, une zone sensible de travail a été contaminée et cela a pris plusieurs semaines pour purifier et sceller la zone endommagée. L'accident a choqué tous ceux qui étaient responsables du projet nucléaire dont le premier ministre lui-même….
… Nous en venons à Mai 1967. La narration standard d'Israël jusqu'à maintenant n'a jamais discuté la dimension nucléaire de la guerre. Les mémoires du secrétaire militaire d'Eshkol le colonel Yisrael Lior, qui ont été éditées par Eitan Haber dans le livre «Today War Will Break Out» (1988) («Aujourd'hui la Guerre Eclatera») ont révélé pour la première fois que des photographies aériennes avaient été prises par des partis hostiles à Israël au dessus de «cibles stratégiques» pendant la période d'attente, et discutaient de l'impact de ces vols sur la façon dont les politiciens israéliens percevaient la crise. Dans deux articles au début des années 1990, dans Haaretz, Aluf Benn, a été, je crois, le premier à dire que la Guerre des Six Jours avait aussi une dimension nucléaire, citant les remarques quelque peu opaques du fondateur de Rafael (Autorité de Développement de l'Armement) Munia Mardor, sur «le système d'armes fatales que mon peuple a réussi à amener à un niveau opération de préparation.»
De Gluska nous avons appris comment deux vols de photographies aériennes de haute altitude au dessus de Dimona le 17 mai et le 26 mai, ont été critiques pour l'armée israélienne et la compréhension par le gouvernement des intentions égyptiennes. Dans les deux cas, l'atmosphère de crise a été exacerbée dans les minutes qui ont suivi la découverte des vols. Le deuxième vol a été découvert en temps réel lors d'une rencontre du gouvernement. Rabin et Eshkol sont sorti pour une consultation immédiate. Rabin a rapporté «une étrange et inquiétante transmission qui faisait état d'une coordination entre des bombardiers et des avions de combat.» A un moment donné on a craint que ce soit le début d'une attaque aérienne sur Dimona.
Le ministre Moshe Carmel a éventuellement parlé du «choc» qui s'est emparé des membres du gouvernement quand il ont reçu le rapport d'une «escadre d'avions de combat au dessus du réacteur de Dimona» Dans leur nouveau livre «Foxbats Over Dimona: the Soviets' Nuclear Gamble in the Six Days War», Isabella Ginor et Gideon Remez suggère pour la première fois qu'en fait les avions n'étaient pas des MiG 21s, comme les sources israéliennes le déclarent, mais plutôt des MiG 25s, volant avec aux commandes des pilotes soviétiques.
Cependant, en même temps, un drame encore plus important dans le chapitre de l'histoire du nucléaire israélien se jouait quelque part dans le pays. Dans mes livres «Israël and the Bomb» et «The Last Taboo» (le Dernier Tabou) j'ai avancé que le système d'armement de Mador (avec une certaine injustice) correspondait au «niveau opérationnel de préparation» que c'était un système atomique improvisé vers la fin de mai 1967, au moment ou Israël préparait des endroits pour enterrer les milliers de victimes qu'on s'attendait à avoir à cause de la guerre.
Là, Israël a franchi le seuil qu'il n'avait jamais franchi auparavant.
C'était la première fois que le projet nucléaire dirigé par le professeur Dostrovsky avait pris des mesures d'urgence sérieuses. Maintenant pour la première fois Israël avait une vraie option nucléaire… Ces mesures d'urgence n'ont pas été prises, selon ma meilleure compréhension du sujet, pour répondre à une demande spécifique des plus hauts responsables militaires ou du gouvernement, et certainement pas en réponse à un besoin opérationnel concret. Elles ont été prises simplement parce que ceux qui faisaient le travail ne pouvait pas ne pas le faire. Le projet nucléaire avait atteint un point historique où il était possible de faire ceci, et ceux qui travaillaient sur le projet (Dostrovsky, Mardor, Joseph Tulipman le directeur du complexe scientifique nucléaire et leur personnel ndlt) ne pouvaient pas imaginer que de tels pas ne seraient pas faits au moment critique, même sans ordre venant d'en haut….
… Apres la Guerre des Six Jours, personne ne craignait plus une attaque préventive égyptienne contre Dimona et après les décisions du sommet de Kartoum personne ne cherchait plus de tentative de paix non plus.
L'excellente idée diplomatique de Meir Amit que l'atome pouvait peut être ouvrir la porte de la paix expirait.
L'auteur de cet article est chercheur à l'Université de Maryland et auteur d’Israel and The Bomb et The Last Taboo. [L'excellente Mireille se met le doigt dans l'œil. Avner Cohen, qui écrit souvent dans le Bulletin of Atomic Scientists n'a pas écrit d'ouvrage sur "le dernier tabou". C'est un auteur très fiable qui épluche soigneusement une grande masse de documents. C'est incontestablement le meilleur spécialiste de la question nucléaire israélienne. aaa]
Traduction et choix des extraits Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
1948-1967
Les guerres d’Israël
Joseph Algazy
Se penchant sur le conflit israélo-arabe de 1948, David Tal traite, au début de son livre[3], de plusieurs aspects de l’invasion des armées arabes, au lendemain de la proclamation de l’indépendance d’Israël. Il en conclut que seul un objectif les unifiait: le refus de l’établissement d’un État juif en Palestine. Mais elles étaient divisées sur les moyens à mettre en œuvre et sur le niveau de leur coopération. Ainsi la Légion arabe franchit-elle la frontière non pour servir la cause palestinienne, mais pour préparer l’annexion unilatérale de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est à la Transjordanie, qui intervint en avril 1950. Ces divisions ont contribué à la tragédie de l’expulsion des Palestiniens, la Nakba. Mais la société palestinienne était elle aussi divisée, souligne Tal: en l’absence d’une véritable direction nationale, c’est le grand mufti de l’époque, Hadj Amin al-Husseini, qui l’impliqua dans la guerre sans l’y préparer et contre la volonté d’une partie des Palestiniens.
Au lendemain de l’invasion des armées arabes, montre Tal, le gouvernement de David Ben Gourion était déterminé à garder le contrôle de toute la superficie que le plan de partage des Nations unies lui avait octroyée, mais aussi de tout le territoire occupé au-delà de ces lignes. En outre, Tel-Aviv n’entendait pas laisser les Palestiniens qui avaient fui la Palestine ou en avaient été expulsés revenir sur leurs terres. Le 29 novembre 1947, dans le territoire prévu pour l’État juif, vivaient 500.000 juifs et 350.000 Arabes; en 1949, après les armistices, Israël comportait 650.000 juifs et 100.000 Arabes. Cette nouvelle réalité territoriale et démographique s’était créée sur le champ de bataille. Et, durant dix-huit ans, Israël s’efforça par tous les moyens de préserver cette carte, que la guerre de 1967 bouleversera.
Il a fallu cinq ans pour que le dernier livre d’Avi Shlaim paraisse en hébreu[4]. Il y raconte notamment comment certaines opérations menées par Israël, qui se veut un État de droit, servirent d’exemples à des mouvements terroristes. Israël fut ainsi le premier, au Proche-Orient, à recourir à la piraterie aérienne: le 12 décembre 1954, sur l’ordre du ministre de la défense Pinhas Lavon, l’armée de l’air intercepta un avion civil syrien et prit en otage pilotes et passagers pour contraindre Damas à relâcher cinq soldats israéliens capturés durant une opération d’espionnage.
Dans leurs livres, Ami Gluska et Tom Segev révèlent certains aspects de la guerre de juin 1967 que les auteurs, à l’époque, avaient approuvée. Ancien colonel et responsable de différents services, Gluska[5] apporte la preuve que Washington avait donné son feu vert à Israël pour attaquer les États voisins. Quant à Segev[6], il expose en détail les tentatives d’Israël pour déclencher un nouvel exode palestinien pendant et après la guerre de juin 1967.
Enfin, s’appuyant sur des documents jusqu’ici confidentiels, le journaliste Ronen Bergman[7] révèle qu’en 1966, à la veille de la guerre de juin 1967, certains hauts responsables des services de Tsahal avaient rédigé un projet intitulé «Thèmes pour un dialogue avec l’Egypte»: ils préconisaient un compromis politique avec Gamal Abdel Nasser afin de prévenir une nouvelle guerre, quitte à arrêter la propagande antiégyptienne à la radio israélienne et même à suspendre le programme nucléaire du réacteur atomique de Dimona. Le gouvernement de Levi Eshkol mit son veto...
Le Monde diplomatique, janvier 2006
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/01/ALGAZY/131155
Pas question de donner foi immédiatement à ce genre d'écrit. Mais ils ont en commun de faire sauter la version officielle israélienne de la Guerre des Six Jours, qui est particulièrement mensongère.
juin 1967: Le Plan secret de l'URSS pour attaquer Israël
David Kurtz
A la veille de la guerre des Six Jours, en mai 1967, l'URSS avait donné ordre à ses navires de guerre stationnant en Méditerranée de faire route vers les côtes israéliennes. Des troupes d'infanterie de marine se préparaient à traverser le canal de Suez. Un pilote d'élite survola la centrale de Dimona, aux commandes d'un Mig 25, le tout nouveau prototype de l'armée de l'air soviétique, sans être abattu par les missiles Hawk israéliens. Tout était prêt pour une attaque contre Israël, que le Kremlin avait soigneusement planifiée, dans le but de détruire la centrale de Dimona, même au prix d'une Troisième Guerre mondiale...
Ce scénario catastrophe n'est pas celui d'un film de politique fiction, inspiré d'un thriller digne de Tom Clancy... Il résulte des travaux de deux chercheurs israéliens, qui sont sur le point de révolutionner l'historiographie de la guerre des Six Jours. Pour Gidéon Remez et Isabella Ginor, deux journalistes vivant à Jérusalem, qui enquêtent depuis plusieurs années sur le sujet, il est clair que la version communément admise de l'histoire de la guerre de juin 1967 est erronée. Selon cette version, qui est partagée par tous les historiens jusqu'à ce jour, Israël a déclenché une attaque préventive contre l'Egypte et la Syrie, après que le président égyptien Nasser eut fermé les détroits de Tiran et amassé ses troupes dans le Sinaï. De son côté, l'URSS aurait tout fait pour dissuader l'Egypte d'attaquer Israël, n'étant pas intéressée au déclenchement d'un conflit dans la région. C'est sur ce point que les découvertes de Remez et Ginor remettent en cause tout ce que l'on croyait savoir.
Ancien directeur du desk étranger à Kol Israël, Gidéon Remez est un fin connaisseur des questions internationales, et s'intéresse depuis longtemps à l'Union soviétique. A la fin des années 1980, il s'est lancé dans un projet de grande envergure sur ce sujet, en collaboration avec Isabella Ginor, journaliste israélienne originaire d'Ukraine, qui a collaboré notamment au journal Haaretz. Leur découverte extraordinaire a commencé de la manière la plus anodine, par un article de journal ukrainien, trouvé en 1998 par Isabella Ginor au hasard de ses nombreuses lectures.
Dans cet article, un officier soviétique relatait ses souvenirs de service en Méditerranée, et racontait comment il avait reçu l'ordre du commandant du navire sur lequel il se trouvait de préparer une unité de 30 "volontaires" pour débarquer sur les côtes d'Israël. Intrigués par cet article, Ginor et Remez ont commencé leurs investigations. Contacté par téléphone, l'officier soviétique en question leur a raconté qu'il devait débarquer à Haïfa en mai 1967.
Cette première découverte a été suivie par d'autres trouvailles, tout aussi stupéfiantes. Malgré la volonté soviétique de dissimuler son implication dans la guerre de 1967, plusieurs indices ont fini par apparaître au grand jour, y compris dans des publications officielles. En épluchant les numéros du journal du Ministère de la Défense du Bélarus, Isabella est ainsi tombée sur le témoignage d'un officier, qui commandait une unité d'infanterie de marine. Il relatait comment celle-ci, basée en Egypte à la veille du conflit, avait vainement tenté de traverser le canal de Suez, armée de lanceurs portables de missiles Katyousha...Bombardée par l'armée de l'air israélienne, son unité avait été décimée. L'auteur de l'article, qui voulait rendre hommage à ses compagnons d'armes disparus, n'indiquait pas la date des événements relatés, mais il est clair d'après le contexte que cet épisode se situait au début de la guerre des Six jours. Par la suite, Ginor et Remez ont réussi, par un travail de fourmi, à identifier d'autres témoignages de soldats de l'armée soviétique, qui se trouvaient dans la région à la veille du conflit.
Un plan conjoint entre l'URSS et l'Egypte
La conclusion qui ressort de leurs recherches - qui sont loin d'être achevées - est contraire à toute l'historiographie traditionnelle: selon Remez et Ginor, il est désormais clair que l'Union soviétiqu